Conséquences du multiculturalisme

Quelles sont les conséquences du multiculturalisme ?


     Le cohabitation des cultures à New York a de multiples conséquences, comme les inégalités économiques, les tensions intercommunautaires, le racisme, le communautarisme...


Les inégalités économiques :

   

     La diversité des origines et donc du statut social des habitants de New York engendre des inégalités économiques marquées. Au sein même d'un arrondissement, les revenus par foyer sont très diversifiés. New York est en effet marquée par une importante disparité de revenus. Par exemple à  Manhattan, on remarque un écart important entre les salaires dans le quartier d'Upper East Side où le revenu moyen annuel par habitant s'établit à 90.000 dollars, et Harlem, où près de 37% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

 

 Carte représentant le revenu médian par foyer à New York en 2010

 

 

Les Tensions :

    La cohabitation entre les communautés d'origines différentes est parfois conflictuelle et à l'origine de tensions.

   On constate la formation de gangs qui s'opposeront de façon assez fréquente et violente. Par exemple, ce sont au XIXème siècle les Dead Rabbits irlandais et les Native descendant des colons anglais qui s'entretuent pour le contrôle du quartier des Five Points.


Représentation des Five Points en 1827


     Se multiplieront alors combats de rue, réglements de compte, activités illicites (vente d'alcool pendant la Prohibition, réseau de prostitution, trafic d'armes et de drogue...) pratiquées par les gangs. Certains de ces gangs donneront lieu à la création de mafias, telle que les Cinq Familles (mafia italienne) qui se répandront par la suite sur tout le territoire américain. L'individu qui appartient à un de ces groupes a pour but de retrouver un espace dans lequel il a un rôle, des règles, des normes.Il y trouve une socialisation qu'il n'a pas forcément pu mettre en place auparavant. C'est ce qui pousse des populations fragilisées et exclues (immigrants parlant mal l'anglais, ex-détenus...) à rejoindre un gang.


Photographie de membres d'un gang à Manhattan (Five Points)

    


La criminalité et ses solutions :

 

     La formation de gangs et la pauvreté de certains habitants de New York a engendré une hausse sensible de la criminalité mais la ville a mis en place diverses solutions pour y remédier. Le maire Giulani dans les années 1990, a mis par exemple en place la "tolérance zéro" : il y a sanction dès le premier délit, même s'il est mineur car on considère que si le responsable d'une infraction n'est pas condamné immédiatement, il est incité à récidiver et que s'il n'est pas puni avec toute la sévérité que la loi autorise, il va peu à peu passer de la petite délinquance au crime. Le sentiment d'impunité disparaît alors. Grâce à cette méthode, on a observé une baisse significative de tous les types de délinquances (le taux de crimes violents est divisé par 3,7 en l’espace de presque 20 ans). Depuis, New York aime se vanter d'être la grande ville la plus sûre des États-Unis.

 

    La ville de New York a aussi mis en place  une importante présence policière : en quelques années, le nombre de policiers est passé de 30 mille à 40 mille, pour une ville de 8 millions d'habitants. Leur présence a pour but de faire baisser le sentiment d’insécurité  et de permettre de contrôler davantage les populations et les groupes ethniques qui sont considérés comme délinquants potentiels (groupes raciaux perçus comme à risque par la police : afro-américains, latino-américains, etc.)


 

Le communautarime :


    Le communautarisme c'est l'ensemble des attitudes qu'a une minorité dans le but de se différencier volontairement pour s'entraider, voire de se dissocier du reste de la société. Cela engendre pour la communauté concernée une forme de repli sur soi-même.

    A leur arrivée, les immigrants avaient tendance à aller dans les quartiers déjà investis par des individus de même origine qu'eux : les juifs dans le Lower East Side, les Chinois à Chinatown... Dans un pays inconnu ils retrouvaient ainsi un peu de leurs racines, pouvaient parler leur langue maternelle... Mais certaines populations ont eu tendance à être très renfermées sur elles-même et à ne pas bien s'intégrer dans la société qui les entourait. Ce fut le cas des chinois,qui pendant longtemps furent à New York une population très refermée sur elle-même et peu intégrée.

    Des jeunes témoignent qu'à New York les habitants de mêmes origines ont tendance à ne rester qu'entre eux : "il y a les noirs d'un côté, les mexicains de l'autre",  "tout le monde vit en harmonie mais tout le monde vit dans son coin. Il y a beaucoup de communautés." Mais en même temps nombreuses sont les populations qui se sont parfaitement intégrées : les Irlandais, les Juifs... "New York est une ville communautaire mais en même temps très ouverte d'eprit et cosmopolite, dans laquelle il est facile de se mélanger" explique un jeune New-yorkais. Cela est donc très paradoxal : certaines communautés restent entre elles et font preuve d'une intégration limitée tandis que d'autres ne sont pas du tout réprésentatives de ce phénomène.



Chinatown à New York



Le Racisme :

 

    L'arrivée de nouvelles communautés et la cohabitation de groupe sociaux de cultures variées a parfois posé le problème du racisme.

    Les nouvelles vagues d'immigrants étaient souvent mal acceptées par le reste de la population, même celle issue elle-même de l'immigration. Par exemple au XIXème siècle, lors de la grande migration, l'arrivée massive de populations noires est perçue comme une menace. Certains quartiers habités exclusivement par des Blancs mettent en place des règles tacites pour empêcher tous ceux considérés comme non-blancs comme les Noirs et les Irlandais (longtemps considérés comme non-blancs) de venir y habiter. L’arrivée des Noirs est vue d'un mauvais oeil car ils concurrencent les New-yorkais sur le marché du travail. Ils sont accusés d’accepter de bas salaires et d’être des briseurs de grève, puisqu’ils étaient régulièrement embauchés par les patrons d’usines pour remédier à l’absence d'ouvriers lors des grandes grèves syndicales du début du XXe siècle. Les relations entre communautés sont parfois très tendues. Ce fut par exemple le cas l'été 1919 (Red Summer). A ce moment là, les tensions entre les Noirs, les Blancs et les autres migrants sont à leur comblent et des émeutes raciales éclatent, non pas seulement à New York, mais dans tout le nord-est des États-Unis.

 

    Autre exemple du de racisme, la ségrégation qui fut longtemps présente à New York. Les Noirs étaient victimes de lois discriminatoires. La mixité dans les transports en commun, les lieux de culte et les lieux publics (hôtels, théâtres, salons de coiffure...) était interdite.


File:"Colored" drinking fountain from mid-20th century with african-american drinking.jpgUn Noir boit à un distributeur d'eau reservé aux « gens de couleur » à un terminal de tramway en 1939






     Le multiculturalisme a donc des conséquences multiples, qu'elles soient sociales (tensions intercommunautaires, communautarisme, racisme...), économiques (inégalités)... Face aux problèmes que pouvaient causer ce phénomène social, la ville de New York a su mettre en place des méthodes pour que l'odre social ne soit pas pertrubé.

 



 

 

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